La Beauce, mon ancêtre.

La Beauce est l’un des personnages principaux de ma généalogie, l’ancêtre qui vit depuis toujours, mon Comte de Saint-Germain, l’immortel. Elle n’est pas faite de chair ni d’os mais elle a bien sa propre identité.

La généalogie ce sont des hommes mais également des espaces qui les ont accueillis, les ont fait vivre et les ont nourris. La Beauce est celui de mes ancêtres, sept des mes arrière-grands-parents y sont nés au début des années 1900, seule une de mes arrière-grands-mères est arrivée à Paris du Pays Pourlet dans le Morbihan dans les années 1930. Quelques exilés normands, picards ou limousins s’y sont installés au cours des XVIIIe et XIXe siècles.

La Beauce est donc le principal lieu de mes recherches généalogiques. Elle a également été le terrain de mon mémoire en Histoire intitulé : « Nouveautés et relais de la consommation dans le monde rural. L’exemple de la Beauce au XVIIIe siècle ».

Ce fut l’occasion d’approfondir mes recherches sur cette région qui n’a laissé que peu de traces dans l’Histoire, excepté son surnom de « Grenier à blé de la France ». Maintes fois citée pour illustrer les études d’histoire rurale et agraire, la Beauce fait partie, au même titre que la Picardie, de ces grandes plaines céréalières françaises. Rares sont ceux qui en ont fait le sujet principal de leur étude et qui en ont écrit l’histoire. Pour essayer de la reconstituer, il faut alors se tourner vers les érudits locaux ou certains poètes beaucerons comme Charles Péguy ou Gaston Couté qui nous font découvrir le folklore et la poésie de cette terre.

J’aurai l’opportunité d’en reparler en présentant sous forme d’articles quelques unes de mes études que j’ai pu faire sur l’histoire des objets et le développement de la consommation au XVIIIe siècle.

Mais concrètement la Beauce, c’est quoi ?

L’une des plus belles descriptions que j’ai pu lire est celle de l’historien Samuel Leturcq (1) :

« Il est des pays dont la simple évocation stimule l’imagination : la Beauce, aux portes de Paris, est de ceux-là. Longue étendue plate et austère brûlée par le soleil en été, par le gel en hiver, océan céréalier d’où émergent villages et hameaux tels des îles, la Beauce offre un paysage extraordinaire. Pourtant, derrière cette façade pittoresque se dissimule une histoire secrète : celle de l’exploitation d’une terre. Qui des nombreux voyageurs pressés, traversant aujourd’hui la Beauce sans la voir, a conscience que cette terre à blé était autrefois traversée par des dizaines de milliers de moutons. »

C’est un immense champ de blé de 5740 km2 peuplé de plus de 450 communes dispersées sur cinq départements à savoir l’Eure-et-Loir (pour les deux tiers), le Loiret, l’Essonne, les Yvelines et le Loir-et-Cher). C’est ce que l’on appelle un région naturelle, elle n’a jamais eu d’identité politique, administrative ou religieuse, elle ne se définit que par une homogénéité géologique, celle d’une grande plaine limoneuse très fertile. Ses frontières ou limites géographiques sont intraçables.

La Beauce a la particularité de n’avoir aucune ville (au sens centre administratif/politique ou concentration importante de population) sur l’étendue de son territoire. Comme les rivières et les forêts, les villes marquent les frontières entre cette vaste plaine et ses régions voisines moins monotones.

 

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Carte de la Maison de Beauce

A l’Est au fil du Loir, Vendôme, Bonneval, Châteaudun et Chartres séparent la Beauce du très vallonné et très vert Perche. Au Nord, Dourdan fait la transition vers l’Hurepoix aujourd’hui bien urbanisé. À l’Ouest, Etampes et Pithiviers, une fois les ponts de la Juine et de l’Essonne franchis, permettent de nous tourner vers le Gâtinais, pays du miel et du safran. Enfin au sud en suivant la Loire, Orléans nous fait pénétrer dans la Forêt d’Orléans, Blois nous permet de plonger dans les étangs de Sologne.

Si la Beauce semble d’une uniformité sans nom, il existe des « sous-régions » qui se différencient, dit-on, par l’épaisseur de son limon et par quelques différences dans les coutumes et habitudes, nous le verrons, peut-être.

Voici un test d’une carte faite à la main, c’est maison, c’est nouveau, il faut encore un peu d’entrainement et beaucoup d’indulgence :  Carte des Trois Beauce

  • La Grande Beauce, la plus fertile
  •  La Beauce Chartraine
  • La Petite Beauce ou la Beauce Pouilleuse, vous l’aurez compris, la petite sœur pauvre des deux autres

Pour conclure, partons outre-Atlantique. Comme de nombreux Français, la Beauce a une cousine au Québec, la Beauce. Cette région du Sud-Est du Québec est également une région naturelle et agricole qui tiendrait son nom de la française. Ma curiosité n’ayant point de frontières, j’espère en savoir plus un jour, sur ce qui lie ces deux régions homonymes.

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 Souvenir de voyage

 

Un prochain article sur la Beauce portera sur quelques caractéristiques de la Beauce au XVIIIe et XIXe siècles et présentera une bibliographie détaillée.

(1) LETURCQ Samuel, Un village, la terre et ses hommes, Toury en Beauce (XII-XVIIe siècles), CTHS, Paris, 2007.

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